Le Tour du monde en quatre-vingts jours

Un éléphant à vendre

Le train s’arrête à Kholby, où la ligne n’est pas terminée, et Fogg doit trouver un autre moyen d’aller à Allahabad.

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Le train a quitté Bombay à l’heure exacte. Un autre voyageur était assis dans le compartiment : Sir Francis Cromarty, le général anglais qui avait joué au whist avec Fogg sur le Mongolia. Fogg ne regardait pas le pays. Il ne voyageait pas vraiment : il tournait autour de la Terre comme une planète autour du Soleil. Le général se demandait parfois si cet homme de glace avait un cœur.

— Votre domestique a eu de la chance à Bombay, a dit le général. Le gouvernement anglais est très sévère pour ce genre d’affaire.

— Si on l’arrête, on le condamnera, il fera sa peine et il rentrera tranquillement en Europe, a répondu Fogg. Je ne vois pas en quoi cela peut retarder son maître.

Passepartout, lui, avait changé. Maintenant, il croyait vraiment au pari de son maître. Il comptait et recomptait les jours, et il trouvait le train trop lent. Le 21 octobre, à une gare, il a acheté une paire de babouches ornées de fausses perles, car il était toujours pieds nus.

Le 22 octobre, à huit heures du matin, le train s’est arrêté au milieu d’une clairière.

— Les voyageurs descendent ici ! a crié le contrôleur.

— Où sommes-nous ? a demandé Sir Francis.

— Au village de Kholby. La ligne n’est pas terminée. Le chemin de fer reprend seulement à Allahabad, à cinquante milles d’ici.

— Mais les journaux ont annoncé l’ouverture de toute la ligne !

— Que voulez-vous, mon général ? Les journaux se sont trompés.

Sir Francis était furieux. Passepartout n’osait pas regarder son maître.

— Ce retard est une catastrophe pour vous, monsieur Fogg ! a dit le général.

— Non, Sir Francis. C’était prévu. Je savais qu’un obstacle se présenterait tôt ou tard. J’ai deux jours d’avance, et le paquebot pour Hong Kong part de Calcutta le 25 à midi. Nous arriverons à temps.

Mais les autres voyageurs avaient déjà pris toutes les voitures du village.

— J’irai à pied, a dit Phileas Fogg.

Passepartout a regardé ses babouches et il a fait la grimace.

— Monsieur, a-t-il dit en hésitant, j’ai peut-être trouvé un moyen de transport : un éléphant !

L’éléphant s’appelait Kiouni, et il appartenait à un Indien du village. Mais l’Indien a refusé de le louer, même pour quarante livres de l’heure. Il a aussi refusé de le vendre pour mille livres.

Sir Francis a conseillé à Fogg de réfléchir. Fogg a répondu qu’il s’agissait d’un pari de vingt mille livres. Cet éléphant lui était nécessaire, et il l’aurait, même s’il devait le payer vingt fois son prix. Il a offert douze cents livres, puis quinze cents, puis dix-huit cents, et enfin deux mille. Passepartout, d’habitude si rouge, était pâle d’émotion. À deux mille livres, l’Indien a accepté.

— Eh bien ! s’est écrié Passepartout. Voilà de la viande d’éléphant bien chère !

Fogg a payé avec les billets de banque du fameux sac. Passepartout, qui portait ce sac, souffrait à chaque billet. Puis un jeune Parsi a offert ses services comme guide, et Fogg l’a engagé. Il a aussi proposé à Sir Francis de l’emmener jusqu’à Allahabad, et le général a accepté.

À neuf heures, Fogg et Sir Francis étaient assis dans deux sièges, de chaque côté de l’éléphant. Passepartout était sur son dos, entre eux. Le guide s’est installé sur le cou de Kiouni, et l’animal est entré dans la forêt.

Käännöstä ei ole vielä luotu.

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