Le Tour du monde en quatre-vingts jours

Une procession dans la forêt

Dans la forêt, les voyageurs découvrent une procession et apprennent qu’une jeune veuve est en danger.

Kapitel 12 Fransk B1 Mellemniveau
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Pour gagner du temps, le guide a coupé à travers la forêt. Fogg et Sir Francis étaient très secoués dans leurs sièges, mais ils supportaient la situation avec beaucoup de calme. Passepartout, sur le dos de l’éléphant, sautait à chaque pas comme un acrobate de cirque. Mais il riait, et de temps en temps, il donnait un morceau de sucre à Kiouni.

À la première halte, Sir Francis était épuisé. Phileas Fogg, lui, semblait aussi frais que s’il sortait de son lit.

— Mais cet homme est en fer ! a dit le général avec admiration.

— En fer forgé, a répondu Passepartout.

Le lendemain, vers quatre heures de l’après-midi, l’éléphant s’est arrêté brusquement. On entendait au loin des voix et des tambours. Le guide est allé voir, et il est revenu très vite.

— Une procession de prêtres vient par ici, a-t-il dit. Il ne faut pas qu’ils nous voient.

Il a caché l’éléphant dans les buissons. Bientôt, la procession est passée à cinquante pas d’eux. Des prêtres marchaient devant, suivis d’une foule qui chantait au son des tambours. Puis venait un char tiré par des bœufs, avec une grande statue à quatre bras.

— La déesse Kali, a murmuré Sir Francis. La déesse de l’amour et de la mort.

— De la mort, je veux bien, mais de l’amour, jamais ! a dit Passepartout.

Le guide lui a fait signe de se taire.

Derrière le char, des prêtres emmenaient une jeune femme couverte de bijoux, qui pouvait à peine marcher. Derrière elle, des gardes armés portaient le corps d’un vieil homme habillé en rajah.

— Un sacrifice ? a demandé Sir Francis à voix basse.

Le guide a fait oui de la tête. Quand la procession a disparu, Phileas Fogg s’est tourné vers le général.

— Quel sacrifice ? a-t-il demandé.

— Un sacrifice humain, monsieur Fogg. Cette femme va être brûlée demain, au lever du jour, avec le corps de son mari.

— Ah, les misérables ! s’est écrié Passepartout.

— Ces sacrifices existent encore en Inde, et les Anglais n’ont pas pu les empêcher ? a demandé Fogg, sans aucune émotion dans la voix.

— Dans la plus grande partie de l’Inde, ces sacrifices n’ont plus lieu, a répondu Sir Francis. Mais ici, les rajahs sont indépendants, et nous n’avons aucun pouvoir. D’ailleurs, beaucoup de veuves acceptent de mourir. Sinon, leur famille les rejette, et elles vivent dans la misère.

— Mais celle-ci n’est pas volontaire, a dit le guide. Tout le monde le sait dans la région. On l’a droguée avec de l’opium et de la fumée de chanvre. On la conduit au temple de Pillaji, à deux milles d’ici, et elle va y passer la nuit.

Le guide allait repartir, mais Fogg l’a retenu d’un geste. Il s’est tourné vers Sir Francis.

— Si nous sauvions cette femme ? a-t-il dit.

— Sauver cette femme, monsieur Fogg ! s’est écrié le général.

— J’ai encore douze heures d’avance. Je peux les utiliser pour cela.

— Mais vous êtes un homme de cœur !

— Quelquefois, a répondu simplement Phileas Fogg. Quand j’ai le temps.

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