Le Tour du monde en quatre-vingts jours

Devant le juge Obadiah

À Calcutta, Fogg et Passepartout comparaissent devant le juge Obadiah et découvrent la raison de leur arrestation.

Kapitel 15 Fransk B1 Mellemniveau
Navneord Egennavn Udsagnsord Hjælpeudsagnsord Tillægsord Biord Stedord Bestemmerord Forholdsord Talord Sideordnende bindeord Underordnende bindeord Partikel Udråbsord Andet

À la gare de Calcutta, un policier s’est approché de Phileas Fogg.

— Monsieur Phileas Fogg ?

— C’est moi.

— Veuillez me suivre avec votre domestique.

Fogg n’a montré aucune surprise : cet homme représentait la loi. Le policier les a conduits, avec Aouda, dans une pièce avec des barreaux aux fenêtres.

— Monsieur, il faut me laisser ! a dit Aouda d’une voix tremblante. C’est à cause de moi qu’on vous arrête !

Fogg a répondu calmement qu’il ne l’abandonnerait pas : il la conduirait à Hong Kong.

— Mais le bateau part à midi ! a dit Passepartout.

— Avant midi, nous serons à bord, a répondu simplement Fogg.

À huit heures et demie, on les a fait entrer dans la salle du tribunal. Le juge Obadiah est entré. C’était un gros homme tout rond. Il a pris une perruque accrochée à un clou et il l’a mise sur sa tête.

— Tiens ! Ce n’est pas ma perruque !

— En effet, monsieur le juge, c’est la mienne, a répondu le greffier.

Ils ont échangé leurs perruques. Pendant ce temps, Passepartout bouillait d’impatience : l’aiguille de la grande horloge tournait terriblement vite.

— Faites entrer les plaignants ! a dit enfin le juge.

Trois prêtres sont entrés.

— C’est bien ça ! a murmuré Passepartout. Ce sont ces bandits qui voulaient brûler notre jeune dame !

Le greffier a lu la plainte : Phileas Fogg et son domestique étaient accusés de sacrilège.

— J’avoue, a dit Fogg. Mais j’attends que ces trois prêtres avouent à leur tour ce qu’ils voulaient faire au temple de Pillaji.

Les prêtres se sont regardés sans comprendre.

— Bien sûr ! s’est écrié Passepartout. Au temple de Pillaji, où ils allaient brûler leur victime !

Le juge Obadiah était stupéfait.

— Quelle victime ? a-t-il demandé. Il ne s’agit pas du temple de Pillaji, mais du temple de Malabar Hill, à Bombay. Et voici la preuve.

Le greffier a posé une paire de chaussures sur son bureau.

— Mes chaussures ! s’est écrié Passepartout.

Maître et domestique avaient complètement oublié l’affaire de Bombay. Mais Fix, lui, ne l’avait pas oubliée. Il avait promis aux prêtres de Malabar Hill une forte somme en dédommagement, et il était parti avec eux par le train suivant. Comme Fogg avait perdu du temps pour sauver Aouda, ils étaient arrivés à Calcutta avant lui. Maintenant, dans un coin de la salle, Fix suivait le procès avec beaucoup d’intérêt. À Calcutta, comme à Bombay, il n’avait toujours pas de mandat d’arrêt !

— Les faits sont avoués, a dit le juge. La loi anglaise protège toutes les religions de l’Inde. Le nommé Passepartout est condamné à quinze jours de prison et à trois cents livres d’amende.

— Trois cents livres ! s’est écrié Passepartout.

— Silence ! a crié l’huissier.

— De plus, le maître est responsable de son domestique, a continué le juge. Le nommé Phileas Fogg est condamné à huit jours de prison et à cent cinquante livres d’amende.

Dans son coin, Fix était ravi. Huit jours à Calcutta : c’était largement assez pour recevoir le mandat d’arrêt ! Passepartout, lui, était désespéré. Le pari était perdu, et c’était sa faute !

Phileas Fogg, toujours parfaitement calme, s’est levé.

— Je demande la liberté sous caution, a-t-il dit.

Le juge a fixé la caution à une somme énorme : mille livres pour chacun. Si Fogg et son domestique partaient sans faire leur peine, ces deux mille livres seraient perdues.

— Je paie, a dit Phileas Fogg.

Il a posé sur le bureau du greffier un paquet de billets de banque.

— Mais au moins, qu’ils me rendent mes chaussures ! s’est écrié Passepartout.

On lui a rendu ses chaussures.

— Elles coûtent cher, celles-là ! a-t-il murmuré. Plus de mille livres chacune ! Et en plus, elles me font mal aux pieds !

Fix espérait encore que Fogg n’allait pas abandonner deux mille livres. Mais à onze heures, sur le quai, il l’a vu partir en barque vers le Rangoon avec Aouda et Passepartout.

— Le bandit ! s’est écrié Fix. Il jette l’argent par les fenêtres, comme un voleur ! Je le suivrai jusqu’au bout du monde s’il le faut. Mais à ce rythme, il ne restera bientôt plus rien de l’argent volé !

Depuis Londres, Phileas Fogg avait déjà dépensé plus de cinq mille livres. Et la prime de Fix, cinq pour cent de l’argent retrouvé, devenait de plus en plus petite.

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