Le Tour du monde en quatre-vingts jours

La Tankadère dans la tempête

La Tankadère fait route vers Shanghai, mais une violente tempête menace Fogg et ses compagnons.

Kapitel 21 Fransk B1 Mellemniveau
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Huit cents milles sur un si petit bateau, en novembre : c’était une aventure dangereuse. Mais John Bunsby avait confiance en sa Tankadère, et le petit bateau filait comme un oiseau.

À l’avant, Fix réfléchissait. Fogg allait sûrement prendre le paquebot de San Francisco et rester en Amérique avec l’argent de la Banque. Mais Fix ne le quitterait pas avant d’obtenir son extradition ! Heureusement, Passepartout n’était plus avec son maître. Fogg et Aouda, eux, pensaient au pauvre garçon. Il était peut-être monté sur le Carnatic au dernier moment.

Le lendemain, 8 novembre, Fogg a invité Fix à partager son repas. Fix a dû accepter, mais cela l’agaçait. Après le repas, il a pris Fogg à part.

— Monsieur, je tiens à payer ma part du voyage…

— Ne parlons pas de cela, monsieur.

— Mais si, j’y tiens…

— Non, monsieur, a répété Fogg d’un ton qui n’acceptait pas de réponse. Cela fait partie des frais du voyage !

Fix a salué sans un mot. Il étouffait de colère.

Le jour suivant, le baromètre baissait. Le patron a longtemps observé le ciel, puis il s’est approché de Fogg.

— Monsieur, nous allons avoir une tempête. Un typhon du sud !

— Très bien. Il va nous pousser dans la bonne direction, a répondu Fogg.

— Si vous le prenez comme ça, je n’ai plus rien à dire !

John Bunsby a fait baisser les voiles, sauf une seule, petite et solide. Vers huit heures, la tempête a éclaté. Toute la journée, la Tankadère a couru vers le nord, emportée par le vent comme une plume. Vingt fois, une montagne d’eau a failli la recouvrir. Aouda admirait le sang-froid de son compagnon, et elle restait courageusement à côté de lui. Quant à Phileas Fogg, il était aussi calme que si le typhon faisait partie de son programme.

Le soir, le vent a tourné, et la tempête est devenue encore plus violente. John Bunsby était très inquiet.

— Monsieur, je crois que nous ferions bien d’aller dans un port de la côte.

— Je le crois aussi, a répondu Phileas Fogg.

— Mais lequel ?

— Je n’en connais qu’un : Shanghai.

D’abord, le patron n’a pas compris. Puis il s’est écrié :

— Eh bien, oui ! À Shanghai !

Quelle nuit terrible ! Par miracle, le petit bateau ne s’est pas retourné. Aouda était épuisée, mais elle ne s’est pas plainte une seule fois. Plus d’une fois, Fogg s’est jeté vers elle pour la protéger des vagues. Le lendemain, vers midi, la tempête s’est enfin calmée.

Le 11 novembre au matin, Shanghai était encore à cent milles, et le paquebot partait le soir même. Le vent faiblissait. À six heures, il restait dix milles. À sept heures, il en restait trois. John Bunsby a lâché un juron : la prime allait lui échapper. Fogg restait impassible, et pourtant, il risquait de perdre toute sa fortune à ce moment-là…

Soudain, une longue forme noire est apparue sur l’eau, sous un panache de fumée. C’était le paquebot américain, qui partait à l’heure prévue.

— Malheur ! s’est écrié John Bunsby.

— Des signaux ! a dit simplement Phileas Fogg.

À l’avant de la Tankadère, il y avait un petit canon. Le patron l’a chargé, et Fogg a fait descendre le drapeau à mi-mât. C’était un signal de détresse : le paquebot allait peut-être le voir.

— Feu ! a dit Phileas Fogg.

Et le petit canon a tonné dans l’air.

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