Le Tour du monde en quatre-vingts jours

Un traîneau à voiles

Fogg et ses compagnons tentent de rattraper leur retard en traversant la plaine enneigée sur un traîneau à voiles.

Kapitel 31 Fransk B1 Mellemniveau
Navneord Egennavn Udsagnsord Hjælpeudsagnsord Tillægsord Biord Stedord Bestemmerord Forholdsord Talord Sideordnende bindeord Underordnende bindeord Partikel Udråbsord Andet

Phileas Fogg avait maintenant vingt heures de retard, et Passepartout était désespéré : c’était à cause de lui ! Alors Fix s’est approché du gentleman.

— Vous êtes vraiment pressé, monsieur ?

— Oui, vraiment.

— Vous devez être à New York le 11 avant neuf heures du soir, pour le paquebot de Liverpool. Et sans cette attaque, quand deviez-vous y arriver ?

— Le 11 au matin, avec douze heures d’avance.

— Vous avez vingt heures de retard. Il faut donc en rattraper huit. Voulez-vous essayer ?

— À pied ?

— Non, en traîneau à voiles. Un homme m’a proposé ce moyen de transport cette nuit.

L’homme s’appelait Mudge. Son traîneau était un grand cadre posé sur deux longues poutres, avec un mât et deux immenses voiles. En hiver, quand la neige arrêtait les trains, ces traîneaux allaient d’une gare à l’autre aussi vite qu’un train express. Le vent soufflait fort de l’ouest, et Mudge promettait d’arriver à Omaha en quelques heures. Là, il y avait de nombreux trains pour Chicago et New York. Phileas Fogg et lui se sont vite mis d’accord.

Phileas Fogg a proposé à Aouda de rester à Kearney avec Passepartout, à cause du froid, mais elle a refusé de se séparer de lui. Passepartout en a été très heureux : pour rien au monde, il ne voulait laisser son maître seul avec Fix. Que pensait l’inspecteur ? C’était difficile à dire. Mais il voulait toujours, plus que tous les autres, ramener vite Fogg en Angleterre.

À huit heures, le traîneau est parti. Il glissait sur la neige dure à quarante milles à l’heure. Serrés dans leurs couvertures, les voyageurs ne pouvaient pas se parler, tant il faisait froid.

— Si rien ne casse, nous arriverons ! a dit Mudge.

Le vent faisait chanter les câbles de fer comme les cordes d’un instrument de musique.

— Ces cordes donnent la quinte et l’octave, a dit Phileas Fogg.

Il n’a rien dit d’autre pendant tout le voyage. Passepartout, le visage rouge de froid, avait retrouvé l’espoir. Il n’oublierait jamais que son maître avait risqué sa fortune et sa vie pour le sauver. Parfois, des loups affamés couraient derrière le traîneau, mais ils n’arrivaient pas à le suivre.

Un peu avant une heure, Mudge a baissé les voiles.

— Nous sommes arrivés, a-t-il dit.

C’était Omaha. Phileas Fogg a payé Mudge généreusement, et ils ont tous couru à la gare. Un train pour Chicago allait partir, et ils ont juste eu le temps de sauter dans un wagon. Le lendemain, le 10 décembre, ils sont arrivés à Chicago à quatre heures de l’après-midi. Là, ils ont pris tout de suite un autre train pour New York.

Enfin, le 11 décembre, à onze heures et quart du soir, le train s’est arrêté au bord de l’Hudson, devant le quai des paquebots pour Liverpool. Le China était parti depuis quarante-cinq minutes !

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