Le Tour du monde en quatre-vingts jours

La vallée du Gange

Après le sauvetage, les voyageurs rejoignent Allahabad, et Aouda apprend comment ses compagnons l’ont sauvée.

Bölüm 14 Fransızca B1 Orta
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L’enlèvement avait réussi. Pendant que l’éléphant courait dans la forêt, Sir Francis a serré la main de Passepartout.

— Bien, lui a dit son maître.

Dans la bouche de ce gentleman, c’était un très grand compliment. Passepartout riait de son succès. Pendant quelques minutes, lui, ancien acrobate et ancien pompier, avait été un vieux rajah mort, le mari d’une charmante jeune femme !

La jeune femme, elle, dormait toujours, enveloppée dans des couvertures de voyage. Sir Francis a expliqué le danger à Fogg. Si la jeune femme restait en Inde, ses bourreaux la retrouveraient tôt ou tard. Fogg a répondu qu’il allait réfléchir à la question.

Vers dix heures, ils sont arrivés à Allahabad, où le chemin de fer reprenait. Passepartout est allé acheter des vêtements pour la jeune femme, et il est revenu triomphant avec une robe et une magnifique fourrure.

Aouda commençait à se réveiller. C’était une femme charmante, et elle parlait très bien anglais.

Fogg a payé au guide le salaire promis, ni plus ni moins. Passepartout était étonné, car le guide avait risqué sa vie pour eux. Mais Phileas Fogg n’avait pas fini.

— Guide, a-t-il dit, vous avez été courageux et dévoué. J’ai payé votre travail, mais pas votre dévouement. Voulez-vous cet éléphant ? Il est à vous.

Les yeux du guide ont brillé.

— C’est une fortune que vous me donnez, monsieur !

— Acceptez-le, a répondu Fogg. Je vous devrai encore beaucoup.

— Bravo ! s’est écrié Passepartout. Kiouni est une brave bête !

Il a donné quelques morceaux de sucre à l’éléphant.

— Tiens, Kiouni, tiens !

Kiouni l’a pris par la taille avec sa trompe et il l’a soulevé jusqu’à sa tête. Passepartout a caressé l’animal, qui l’a reposé doucement par terre. Puis il a serré la trompe de Kiouni, comme on serre la main d’un ami.

Quelques instants plus tard, le train roulait vers Bénarès. Pendant le trajet, Aouda s’est complètement réveillée. Sir Francis lui a raconté ce qui s’était passé : le courage de Phileas Fogg et l’idée audacieuse de Passepartout. Fogg n’a rien dit, et Passepartout, très gêné, répétait que ce n’était rien.

Aouda les a remerciés, plus avec ses larmes qu’avec des mots. Puis elle a pensé aux dangers qui l’attendaient encore en Inde, et elle a tremblé de peur. Phileas Fogg l’a compris. Très froidement, il lui a proposé de l’emmener à Hong Kong. Aouda a accepté avec reconnaissance : un de ses cousins, un riche commerçant parsi, habitait justement là-bas.

À Bénarès, Sir Francis les a quittés pour rejoindre ses soldats. Il a conseillé à Fogg de refaire un jour ce voyage d’une façon moins originale, mais plus utile. Fogg lui a serré légèrement les doigts. Passepartout, lui, a reçu une vraie poignée de main, et il en a été très ému.

Ensuite, le train a suivi la vallée du Gange, une des plus belles régions de l’Inde. Mais Phileas Fogg ne pensait même pas à la regarder.

Le 25 octobre, à sept heures du matin, ils sont arrivés à Calcutta. Le paquebot pour Hong Kong partait seulement à midi. Fogg arrivait au jour prévu, sans retard et sans avance. Les deux jours gagnés entre Londres et Bombay avaient été perdus dans la traversée de l’Inde. Mais Phileas Fogg ne les regrettait sans doute pas.

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