Contes de Perrault

Les Fées

Deux sœurs très différentes rencontrent une fée à la fontaine, où leur mère les envoie chercher de l’eau.

Capítulo 5 Francês A2 Básico
Substantivo Substantivo próprio Verbo Verbo auxiliar Adjetivo Advérbio Pronome Determinante Adposição Numeral Conjunção coordenativa Conjunção subordinativa Partícula Interjeição Outro

Il était une fois une veuve qui avait deux filles. L’aînée ressemblait beaucoup à sa mère, par le caractère et par le visage. Elles étaient toutes les deux si désagréables et si fières qu’on ne pouvait pas vivre avec elles. La cadette ressemblait à son père : elle était douce et gentille, et c’était une des plus belles filles du monde. La mère aimait beaucoup sa fille aînée, parce qu’elle lui ressemblait. Mais elle détestait la cadette. La pauvre fille mangeait à la cuisine et elle travaillait sans arrêt.

Deux fois par jour, elle devait aller chercher de l’eau à une fontaine, loin de la maison, et rapporter une grande cruche pleine. Un jour, à la fontaine, une pauvre femme s’approche d’elle et lui demande à boire.

— Oui, bien sûr, madame, dit la belle jeune fille.

Elle lave sa cruche, et elle prend de l’eau au plus bel endroit de la fontaine. Puis elle tient la cruche pour aider la femme à boire. Quand la femme a bu, elle dit :

— Vous êtes si belle, si bonne et si gentille que je veux vous faire un cadeau.

C’est une fée. Elle a pris l’apparence d’une pauvre paysanne pour voir si la jeune fille est vraiment gentille.

— Voici mon cadeau, continue la fée : à chaque mot que vous allez dire, une fleur ou une pierre précieuse va sortir de votre bouche.

Quand la jeune fille rentre à la maison, sa mère la gronde, parce qu’elle revient tard de la fontaine.

— Pardon, maman, je suis restée trop longtemps, dit la pauvre fille.

Pendant qu’elle dit ces mots, deux roses, deux perles et deux gros diamants sortent de sa bouche.

— Qu’est-ce que je vois là ? dit sa mère, très étonnée. Des perles et des diamants sortent de sa bouche ! D’où vient cela, ma fille ?

C’est la première fois qu’elle l’appelle sa fille. La pauvre enfant raconte simplement son histoire, et beaucoup de diamants tombent de sa bouche.

— Vraiment ? dit la mère. Il faut que j’envoie ma fille à la fontaine. Fanchon, regarde ce qui sort de la bouche de ta sœur quand elle parle. Tu ne veux pas avoir le même cadeau ? Va chercher de l’eau à la fontaine. Si une pauvre femme te demande à boire, donne-lui de l’eau gentiment.

— Moi, aller à la fontaine ? répond la méchante fille. Jamais !

— Je veux que tu y ailles, dit la mère, et tout de suite !

Fanchon y va, mais elle se plaint tout le temps. Elle prend la plus belle bouteille d’argent de la maison. À la fontaine, elle voit sortir de la forêt une dame très bien habillée, qui vient lui demander à boire. C’est la même fée, mais cette fois, elle a pris l’apparence d’une princesse. Elle veut voir si cette fille est vraiment méchante.

— Je ne suis pas venue ici pour vous donner à boire ! dit la méchante fille. J’ai apporté cette bouteille d’argent exprès pour madame, peut-être ? Si vous avez soif, buvez à la fontaine !

— Vous n’êtes pas très gentille, répond la fée, sans se mettre en colère. Eh bien, voici mon cadeau : à chaque mot que vous allez dire, un serpent ou un crapaud va sortir de votre bouche.

Quand sa mère la voit arriver, elle crie :

— Alors, ma fille ?

— Alors, maman ? répond la méchante fille.

Et deux vipères et deux crapauds sortent de sa bouche.

— Oh, mon Dieu ! crie la mère. Qu’est-ce que je vois ? C’est la faute de sa sœur. Je vais la punir !

Et elle court pour la battre. La pauvre enfant s’enfuit dans la forêt. Le fils du roi revient de la chasse, et il la rencontre. Il la trouve très belle, et il lui demande pourquoi elle est seule et pourquoi elle pleure.

— Hélas, monsieur, c’est ma mère : elle m’a chassée de la maison.

Le fils du roi voit sortir de sa bouche cinq ou six perles et autant de diamants. Il lui demande d’où vient ce cadeau, et elle lui raconte son histoire. Le fils du roi tombe amoureux d’elle. Pour lui, ce cadeau vaut plus que toutes les richesses d’une princesse. Il l’emmène au palais du roi, son père, et il l’épouse.

Sa sœur, elle, devient si détestable que sa propre mère la chasse de la maison. La malheureuse marche longtemps, mais personne ne veut l’accueillir. Elle meurt seule dans un coin de la forêt.

Moralité : les diamants et l’argent ont beaucoup de pouvoir sur les gens. Mais les mots gentils ont encore plus de force, et ils valent encore plus.

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