Le Tour du monde en quatre-vingts jours

Fix face à Phileas Fogg

À Hong Kong, Fogg et Aouda découvrent que le Carnatic est déjà parti et cherchent un autre bateau pour poursuivre le voyage.

Capítulo 20 Francês B1 Intermediário
Substantivo Substantivo próprio Verbo Verbo auxiliar Adjetivo Advérbio Pronome Determinante Adposição Numeral Conjunção coordenativa Conjunção subordinativa Partícula Interjeição Outro

Pendant ce temps, Phileas Fogg achetait avec Aouda des vêtements et tout ce qu’il fallait pour un si long voyage. Aouda était gênée par tant de gentillesse, mais il répondait toujours la même chose :

— C’est dans l’intérêt de mon voyage. C’est dans mon programme.

Le soir, Passepartout n’est pas rentré à l’hôtel. Fogg ne s’est pas inquiété : le Carnatic partait seulement le lendemain matin. Mais le lendemain, son domestique n’était toujours pas là. Fogg a pris son sac, et vers huit heures et demie, il est arrivé sur le quai avec Aouda. Là, il a appris que le Carnatic était parti la veille au soir. Son visage n’a montré aucune déception.

— C’est un incident, madame, rien de plus, a-t-il dit à Aouda.

À ce moment, un homme s’est approché d’eux. C’était Fix.

— Pardon, monsieur, vous étiez comme moi un passager du Rangoon ? Je pensais trouver ici votre domestique.

— Savez-vous où il est, monsieur ? a demandé vivement Aouda.

Fix a fait semblant d’être surpris.

— Il n’est pas avec vous ? Moi aussi, je voulais partir sur le Carnatic. Mais le paquebot a quitté Hong Kong douze heures en avance, sans prévenir personne. Maintenant, il va falloir attendre huit jours le prochain départ !

Fix sentait son cœur bondir de joie. Huit jours ! Le mandat aurait le temps d’arriver ! Mais Phileas Fogg a répondu de sa voix calme :

— Il me semble qu’il y a d’autres navires que le Carnatic dans le port de Hong Kong.

Et il est parti avec Aouda à la recherche d’un bateau. Fix, stupéfait, les a suivis.

Pendant trois heures, Phileas Fogg a parcouru le port, mais aucun navire n’était prêt à partir. Enfin, un marin s’est approché de lui et il a ôté son chapeau.

— Monsieur cherche un bateau ? J’ai un petit bateau à voiles, le plus rapide du port.

— Pouvez-vous me conduire à Yokohama ? Je dois y être le 14 au plus tard pour prendre le paquebot de San Francisco. Je vous offre cent livres par jour, et une prime de deux cents livres si j’arrive à temps.

Le marin a hésité longtemps, et Fix vivait des minutes terribles. Pendant ce temps, Fogg s’est tourné vers Aouda.

— Vous n’aurez pas peur, madame ?

— Avec vous, non, monsieur Fogg.

Enfin, le marin a répondu.

— Monsieur, je ne peux pas risquer une si longue traversée sur un si petit bateau, à cette époque de l’année. Il y a seize cent cinquante milles d’ici à Yokohama.

— Seize cents seulement, a dit Phileas Fogg.

— C’est la même chose. Mais il y a peut-être un autre moyen. Le paquebot de San Francisco ne part pas de Yokohama. Il part de Shanghai le 11 novembre, à sept heures du soir, puis il passe par Yokohama. Shanghai est à huit cents milles d’ici : en quatre jours, avec un peu de chance, nous pouvons y arriver.

— C’est entendu. Vous êtes le patron du bateau ?

— Oui, John Bunsby, patron de la Tankadère.

Phileas Fogg s’est tourné vers Fix.

— Monsieur, si vous voulez profiter de ce bateau…

— Monsieur, j’allais justement vous le demander.

— Mais ce pauvre garçon… a dit Aouda.

— Je vais faire pour lui tout ce que je peux.

Fogg est allé à la police de Hong Kong et chez le consul de France. Il a donné la description de Passepartout, et il a laissé assez d’argent pour son retour en Europe. À trois heures dix, la Tankadère a quitté le port. Fix était à bord, et il se sentait humilié de voyager aux frais de Fogg.

— C’est un voleur très poli, a-t-il pensé, mais c’est un voleur !

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