Le Tour du monde en quatre-vingts jours

Monsieur Fogg et son nouveau domestique

À Londres, Phileas Fogg mène une vie très régulière et rencontre Passepartout, un Français qui cherche un emploi tranquille.

Capítulo 1 Francês B1 Intermediário
Substantivo Substantivo próprio Verbo Verbo auxiliar Adjetivo Advérbio Pronome Determinante Adposição Numeral Conjunção coordenativa Conjunção subordinativa Partícula Interjeição Outro

En 1872, Phileas Fogg habitait au numéro 7 de Savile Row, à Londres. C’était un des membres les plus étranges du Reform Club, et pourtant il faisait tout pour ne pas attirer l’attention. On ne savait presque rien de lui. On disait qu’il ressemblait au poète Byron, mais avec une moustache. Il était si calme qu’il semblait pouvoir vivre mille ans sans vieillir.

On ne le voyait jamais à la Bourse ni à la Banque. Il n’était ni commerçant, ni avocat, ni industriel. Il était membre du Reform Club, et c’était tout. Était-il riche ? Sans aucun doute. Mais personne ne savait comment il avait fait fortune. Il n’était pas avare : quand il fallait de l’argent pour une bonne cause, il en donnait sans rien dire.

Il parlait le moins possible. Avait-il voyagé ? C’était probable, car il connaissait la carte du monde mieux que personne. Pourtant, depuis de longues années, il n’avait pas quitté Londres. Ses seuls plaisirs étaient de lire les journaux et de jouer au whist, un jeu silencieux qui allait bien avec son caractère. Il jouait pour le plaisir du combat, pas pour l’argent, et il donnait ses gains aux pauvres.

Phileas Fogg n’avait ni femme ni enfants, ni famille ni amis. Il vivait seul dans sa maison, où personne n’entrait. Il prenait tous ses repas au club, à la même table, et il rentrait chez lui seulement pour dormir, à minuit exactement. Son unique domestique devait être d’une exactitude parfaite.

Ce jour-là, le 2 octobre, Phileas Fogg avait renvoyé son domestique, James Forster, parce que l’eau pour se raser était trop froide de deux degrés. Maintenant, il attendait le nouveau domestique. Assis bien droit dans son fauteuil, il regardait l’aiguille de la pendule. À onze heures et demie exactement, comme tous les jours, il devait partir pour le Reform Club.

À ce moment, on a frappé à la porte. Un homme d’une trentaine d’années est entré et il a salué.

— Vous êtes français et vous vous appelez John ? a demandé Phileas Fogg.

— Jean, si monsieur le permet, a répondu le nouveau venu. Jean Passepartout. C’est un surnom : je trouve toujours une solution. J’ai fait beaucoup de métiers : chanteur dans les rues, acrobate dans un cirque, professeur de gymnastique, pompier à Paris. Il y a cinq ans, je suis venu en Angleterre pour être domestique. On m’a dit que monsieur était l’homme le plus exact du Royaume-Uni et qu’il ne voyageait jamais. J’espère vivre ici tranquillement et oublier ce nom de Passepartout.

— Passepartout me convient, a répondu Phileas Fogg. On m’a parlé de vous en bien. Vous connaissez mes conditions ?

— Oui, monsieur.

— Bien. Quelle heure avez-vous ?

Passepartout a sorti de sa poche une énorme montre en argent.

— Onze heures vingt-deux, monsieur.

— Vous retardez, a dit Fogg.

— Que monsieur me pardonne, mais c’est impossible.

— Vous retardez de quatre minutes. Cela ne fait rien. Il suffit de le savoir. Donc, à partir de maintenant, onze heures vingt-neuf du matin, ce mercredi 2 octobre 1872, vous êtes à mon service.

Phileas Fogg s’est levé. Il a pris son chapeau de la main gauche et il l’a mis sur sa tête d’un geste mécanique. Puis il est sorti sans dire un mot de plus.

Passepartout a entendu la porte de la rue se fermer une première fois : c’était son nouveau maître qui sortait. Puis une deuxième fois : c’était James Forster qui partait à son tour. Passepartout était seul dans la maison de Savile Row.

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